Auteure de
Au Nord des montagnes
Le Prélude
Elle  (Disponible en prévente)
La petite fille du Lebensborn (en préparation)
Via Atlantique  (en préparation)


Il vient toujours un moment dans une vie où la nécessité d’un exutoire s’impose. Pour diverses raisons et sous diverses formes, ces exutoires permettent d’éviter les pertes de contrôle, d’éviter la folie. Alors que nous nous sentons submergés, alourdis, ces exutoires nous allègent et nous replacent en équilibre, nous permettant ainsi de continuer.

Ce moment est arrivé dans ma vie lorsque j’avais treize ans. Je ressentais un profond besoin d’expulsion, rongée par le tourment des prémisses de la crise d’adolescence. Ma liberté d’expression se trouvant oppressée, il me fallait extirper toutes ces émotions toxiques et vite. C’est l’écriture qui m’a sauvée de la noyade.

Entre treize et dix-sept ans, j’ai écrit un total de vingt-trois nouvelles, dont leur volume variait entre 15 000 à 40 000 mots. Excessivement téméraire, je les imprimais et les remettais entre les mains d’une amie, qui avait l’habitude de les lire à l’école. Intrigués, les gens autour d’elle posaient des questions et les plus curieux demandaient à devenir lecteurs. Il m’arrivait régulièrement de perdre la trace de mes manuscrits. Je les retrouvais au bout d’un moment, entre les mains d’un inconnu me faisant part de ses commentaires positifs et ses critiques constructives. Aujourd’hui, je n’en reviens pas d’une telle audace, qui révélait également une grande inconscience au niveau de la protection.

Est-ce que je suis fière de ces manuscrits? Absolument pas. Remplies d’erreurs, de naïveté et de clichés, ces vingt-trois nouvelles restent profondément camouflées dans une boite de paperasses, bien que j’aie tiré certains bons éléments de ces histoires afin de les intégrer plus tard à mes romans. Je les considère comme mon apprentissage, de solides expériences pour une écriture autodidacte, refusant systématiquement de me laisser influencer par des techniques d’écriture ou des lois non-écrites sur la construction d’une nouvelle ou d’un roman. J’ai toujours eu une approche artistique de l’écriture. Un manuscrit est une toile, nous en sommes les peintres et décidons du choix et des formes de chacune des couleurs.

Entre dix-huit et vingt-trois ans, j’ai fait une pause, une très longue pause et cette absence d’écriture a fortement marqué le déséquilibre dans ma vie pendant cette période. Je n’ai repris le contrôle qu’en recommençant à écrire.

Cette fois, j’avais mûri. J’ai débuté un premier roman, développé mon style d’écriture, façonné ma plume et laissé les personnages me conduire là où ils le souhaitaient. C’est ainsi qu’en 2011 est sorti en auto-publication le roman ELLE, un drame sentimental. Ce fut un petit succès et depuis, je ne me suis plus jamais arrêtée.

En 2014, Au Nord des Montagnes, un suspense psychologique, est également sorti en auto-publication. Il a été réédité aux Éditions Anonymes et est disponible depuis le 22 août 2018.

Je travaille présentement sur l’édition de mon dernier roman, une fiction historique. Trois autres romans sont en cours de préparation pour leur publication en 2019.

Annie Lavoie