Ginette Carrier

Auteure de
L’amour: véritable chemin du bonheur
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Douzième d’une famille de quinze enfants, avant mes 14 ans, je me croyais heureuse. J’étais une belle petite fille qui aimait rire, écouter et apprendre les paroles des chansons de Georges Moustaki et de Serge Reggiani. J’aimais les animaux et j’appréciais passer beaucoup de temps seule au lac, sur la terre familiale. J’affectionnais aussi tous les jeux familiaux que nous nous inventions, j’aimais prendre soin des plus petits. J’étais très responsable et les adultes me faisaient confiance car ils savaient que j’étais très vaillante : dès treize ans, je travaillais à la garderie de ma sœur et gardais mes neveux et nièces.

Pourtant, à 14 ans, tout a changé. Je me suis mise à sortir et à boire. Très rapidement, ma carence affective m’a rattrapée. Dès le secondaire 2, il devenait prévisible que je décrocherais de l’école. Vers l’âge de vingt ans ma sœur Danièle, qui suivait des cours de psychologie, m’avait fait prendre conscience qu’en même temps que j’affirmais avoir eu une enfance heureuse, j’avouais pleurer régulièrement seule le soir dans mon lit. Il était alors évident que je n’avais jamais goûté au bonheur.

J’avais d’ailleurs fait une première tentative de suicide à 18 ans, tentative qui fait partie de celles que nous appelons « un avertissement » et qui est si souvent banalisée par les proches qui l’interprètent comme une volonté d’attirer l’attention! Deux ans plus tard, je rêve quotidiennement de réussir « mon suicide ». En apprenant cela, ma mère me convainc d’entreprendre une démarche d’aide.  Je fus dès lors suivie par un psychiatre à l’hôpital Hôtel-Dieu-de-Lévis, à raison d’une heure par semaine. J’étais convaincue que toute démarche était inutile mais j’ai pensé : « Je n’ai rien à perdre… ».  J’ai été très étonnée que ce psychiatre ne m’ait pas médicamentée.  Nous étions alors en 1979.

Il était grand temps que je rencontre quelqu’un : je pleurais, enfin, une heure par semaine. Petite je pleurais seule pour ne pas faire rire de moi alors que la, je pouvais raconter ma détresse à quelqu’un . Moins d’un an plus tard, j’ai arrêté nos rencontres après lui avoir annoncé que j’attendais un bébé…

Peu à peu, je me suis obligée à agir comme si j’étais heureuse.  C’est enceinte de mon deuxième enfant, en 1983, que j’ai décidé de retourner aux études.  J’avais décroché, neuf ans plus tôt, avant la fin de mon quatrième secondaire. Je vivais de l’aide sociale et j’étais soutien de famille puisque mon conjoint faisait des études universitaires et n’avait toujours pas obtenu son statut d’immigrant.

En avril 1989, j’obtenais mon diplôme de bachelière en travail social. Dès lors, j’avais acquis deux convictions : je ne serais pas un meilleur parent que les miens et un diplôme universitaire ne mène pas au bonheur! Désillusion!

J’ai donc entrepris différentes démarches susceptibles de me rendre heureuse. Je souhaitais de tout cœur arriver à ne plus faire porter à mes enfants ma très grande détresse affective. Je vais tenter d’énumérer autant que possible tout ce que j’ai pu entreprendre mais ma mémoire aura certainement des ratés : des lectures (Le chemin le moins fréquenté , Visualisation créatrice de Shakti Gawain, les livres de Lucien Auger, Les pages du matin par Julia Cameron, différents livres sur les thèmes du bouddhisme, de l’hindouisme),Fréquentation de mouvement sectaires et d’ésotérisme), des thérapies (rebirth, musicothérapie avec Jocelyn Demers, thérapies individuelles, thérapies de couples offerte par le CLSC, thérapie Al-Anon, Enfants de Gambler Anonyme, Dépendant Affectif Anonyme), des formations (Techniques de développement de notre créativité de Magdeleine Morin diverses techniques de respiration, 4 formations de l’école de Lise Bourbeau dont celle sur les rêves, multiples conférences sur le bonheur, formation Reiki, conférences parent-enfant offertes par la commission scolaire) et même des voyantes!

En fait, il serait plus simple de me demander ce que je n’ai pas fait : j’expérimentais toutes les démarches susceptibles de m’enseigner le bonheur.

En 1987, la mort accidentelle d’une nièce de sept ans, Irène, me conduit à petit feu vers une dépression certaine. L’anxiété de perdre mes enfants alors âgés de trois et six ans, m’habite sans cesse. Je me suis retrouvée à la bibliothèque municipale, afin de lire tout ce qui était susceptible de m’aider à accepter la mort… J’étais loin de m’imaginer les « fruits » que ces lectures allaient me rapporter…

En 1988, je quittais le père de mes deux enfants. Deux handicaps de ma carence affective m’avaient toujours poursuivie jusqu’alors, soit de rejeter l’autre avant qu’il ne le fasse et de me sentir quelqu’un seulement dans la mesure où je pouvais séduire les hommes…

En 1991, je me revois assise dans une formation de Lise Bourbeau, j’ai 31 ans, et je viens de quitter une autre relation dysfonctionnelle. Mon désespoir est tel que je songe que, finalement, la croyance à laquelle j’avais toujours refusé de croire à ce jour et qu’on prêche à tout vent, est sûrement vraie, soit : « Qu’une personne malheureuse le restera toute sa vie… »

Quelques jours plus tard, refusant une fois de plus de céder au découragement et à la déprime si familière à ce jour, je réfléchis à mes acquis et à ce qui pourrait bien me manquer pour l’atteinte du bonheur… Euréka! Le maillon manquant apparut clairement à mon esprit. Je venais de découvrir le chemin du bonheur !

Je savais fort bien qu’il ne s’agissait pas d’une baguette magique, mais d’un travail de changement personnel que je me devais d’effectuer.

J’aborde dans le livre L’amour: véritable chemin du bonheur, tel que le titre le laisse présager, deux thèmes très importants dans notre vie, pour ne pas dire essentiels à toute vie soit : l’amour et le bonheur. Je souhaite par cet ouvrage vous guider dans vos dimensions cognitive-émotionnelle-et -affective afin de vous convaincre comment leur prise en charge est nécessaire pour bénéficier tant de l’amour véritable de soi que du bonheur qui en est le résultat!

Enfin, j’espère qu’au terme de la lecture de ce livre, je vous aurai inspiré la motivation, la volonté et l’espoir nécessaires pour cheminer vers le bonheur véritable qui appartient en réalité à ceux qui refuseront de se laisser duper par le pseudo-bonheur proposé par l’accumulation du « faire » et de « l’avoir ».

Je vous souhaite une belle démarche vers l’amour véritable, chemin vers votre bonheur !

Ginette Carrier


Ginette Carrier est bachelière en travail social. Depuis plus de 25 ans, elle offre des accompagnements individuels, de couples et de groupes afin d’aider les personnes à trouver le bonheur grâce à une méthode alliant la pratique à la théorie. Pour répondre à la demande croissante, elle cofonde en 2017 l’École d’Autonomie Affective et y assure l’enseignement.